De la science à l’action : comment le Conseil scientifique de l’ONU éclaire les décisions mondiales

Le Réseau Francophone International en Conseil Scientifique (RFICS) a eu le plaisir d’accueillir Adam Day et Madeleine Hamel, respectivement Directeur et Responsable de projet au bureau genevois de l’UNU-CPR (United Nations University Centre for Policy Research), lors d’un webinaire consacré au Conseil Scientifique Consultatif du Secrétaire Général de l’ONU.

Un organe consultatif au cœur de la gouvernance scientifique onusienne

Lancé en 2023, le Conseil Scientifique Consultatif conseille les hauts dirigeants de l’ONU sur les avancées scientifiques et technologiques. Il fournit des avis indépendants sur les tendances en matière de science, d’éthique, de gouvernance et de développement durable, afin d’aider l’Organisation à anticiper et à tirer parti des progrès scientifiques au bénéfice des populations, de la planète et de la prospérité.

Il réunit huit scientifiques indépendants spécialisés en biologie, en environnement et en intelligence artificielle, ainsi que les chefs scientifiques des principales agences onusiennes. Il s’appuie également sur un réseau d’institutions partenaires, dont le Conseil international des Sciences et la Global Young Academy, pour mobiliser l’expertise mondiale.

Des notes scientifiques comme principal outil d’influence

Le produit phare du Conseil est la note scientifique : une synthèse concise destinée au Secrétaire Général et aux hauts responsables de l’ONU. En 2025, neuf notes ont été produites sur des sujets tels que la neurotechnologie, l’informatique quantique, la biologie de synthèse, l’exploitation minière en eaux profondes ou encore les technologies de capture du carbone. Chaque note est élaborée à partir d’une revue de littérature et d’une table ronde d’experts, puis publiée sur le site web du Conseil dans toutes les langues officielles de l’ONU.

Les sujets sont sélectionnés selon plusieurs critères : leur caractère émergent, leur impact global, et la valeur ajoutée unique que le Conseil peut apporter par rapport aux autres entités du système onusien. Ils peuvent être proposés par le haut management de l’ONU, par les membres du Conseil ou émerger de l’exercice annuel de prospective (Horizon Scanning), conduit en collaboration avec les institutions partenaires.

Des ambitions renforcées pour 2026

L’accent pour 2026 est mis sur le passage à l’échelle et la pérennité. Le Conseil entend notamment élargir la diffusion de ses travaux auprès des États membres, en s’appuyant sur de nouveaux formats : des notes d’orientation plus approfondies sur des tendances de la pratique scientifique (désinformation, science ouverte, tipping points), un podcast pour aborder des questions d’éthique et de société, et des briefings informels réunissant scientifiques et diplomates à Genève.

Par ailleurs, trois nouveaux membres ont été annoncés lors du webinaire, dont Daron Acemoglu (prix Nobel d’économie), Iris Bohnet (sciences du comportement et égalité de genre) et Abdoulaye Djimdé (universitaire basé à Bamako au Mali), témoignant d’une volonté de mieux intégrer les sciences sociales aux travaux du Conseil.

Pour saisir toute la portée des ressources présentées, nous vous invitons à visionner l’intégralité du webinaire en suivant ce lien.

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Portrait rapproché d’Antoine Rauzy.

Antoine Rauzy

Antoine Rauzy a une expérience de plus de 20 ans en pédagogie numérique et en relations internationales. Il partage son temps entre Sorbonne Université et l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), à Paris. Il a commencé sa carrière comme enseignant-chercheur, mathématicien à l’institut de mathématiques de Jussieu. Il est responsable d’action à l’ANR, agence française de financement de la recherche, et expert international en enseignement numérique. Il est membre du réseau européen HERE (Higher Education Reform Experts) et a siégé au conseil d’administration de plusieurs associations internationales sur ce sujet. 

Par ailleurs, Antoine a été en poste à l’ambassade de France au Canada sur les dossiers universitaires et scientifiques et a conseillé deux présidences d’université sur les questions internationales. Il a été associé à plusieurs négociations internationales sur des sujets universitaires et scientifiques à forts enjeux diplomatiques.