Le Réseau Francophone International en Conseil Scientifique (RFICS) a eu le plaisir d’accueillir Jean Lemire lors d’un webinaire intitulé «Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité: le rôle de la science dans la gouvernance climatique mondiale et les décisions publiques».
Émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques et arctiques pour le Gouvernement du Québec depuis 2017, M. Lemire a exposé comment l’expertise scientifique s’articule avec la diplomatie pour orienter les politiques publiques environnementales.
Son mandat consiste à agir comme ambassadeur du Québec au sein des grandes organisations internationales, tout en assurant une veille stratégique pour saisir le pouls des enjeux planétaires.
Les obstacles au multilatéralisme et le déni de science
L’intervention a mis en lumière une fragilisation du cadre décisionnel mondial due au contexte géopolitique actuel. Jean Lemire a souligné que l’économie reprend souvent le dessus sur les préoccupations scientifiques, menant parfois à un « déni de la science » pour protéger des intérêts financiers à court terme.
De plus, le principe du consensus à l’ONU permet à quelques pays, comme les producteurs de pétrole, de bloquer des avancées majeures telles que le futur traité sur la pollution plastique. Pour arriver à des accords, les conclusions scientifiques sont souvent diluées par les négociateurs, ce qui explique pourquoi le réchauffement réel s’accélère plus vite que les engagements politiques officiels.
La synergie entre le Scientifique en chef et l’Émissaire
Un point central a porté sur l’architecture unique du conseil scientifique québécois, illustrée par la collaboration entre le Scientifique en chef, Rémi Quirion, et l’Émissaire. Tandis que le Scientifique en chef assure le conseil interne, l’Émissaire agit comme une passerelle vers l’international.
Cette synergie est renforcée par l’installation de conseillers scientifiques directement dans les délégations du Québec à l’étranger pour soutenir la diplomatie par les faits. Cette interface permet de s’assurer que le Québec parle d’une seule voix, solidement appuyée par des données probantes, sur l’échiquier mondial.
L’action de proximité comme moteur de changement
Face à la lenteur des instances internationales, Jean Lemire identifie la société civile comme un moteur de changement indispensable. Le politique réagit massivement à la pression populaire lorsque celle-ci est armée d’une science accessible et rigoureuse. Il préconise également de ramener le pouvoir décisionnel au niveau des villes, qui peuvent agir immédiatement sur le recyclage ou la biodiversité sans attendre de résolutions onusiennes. L’intégration de conseillers scientifiques au sein même des municipalités est une stratégie clé pour accélérer cette transition locale. La science demeure ainsi, le pilier d’espoir et de crédibilité nécessaire pour orienter les décisions dans un monde sous pression.
Pour saisir toute la portée des ressources présentées, nous vous invitons à visionner l’intégralité du webinaire, en suivant ce lien.